Comprendre le Trouble du Spectre de l’Autisme (TSA) : Symptômes, Anxiété et Évolution Diagnostique

L’Automutilation chez les Enfants et le Lien avec le Trouble du Spectre de l’Autisme (TSA)

Avant les années 1960, de nombreux psychiatres, médecins et psychologues se sont intéressés aux jeunes enfants qui s’automutilent volontairement et qui présentent une hyperexcitation physiologique, ainsi qu’une tendance à interpréter de manière anxieuse le regard des autres, des mécanismes similaires à ceux observés dans le trouble anxieux social (Aly, J., 2015). Cela soulève plusieurs questions :

  • Pourquoi un enfant de 6 à 7 ans se frappe-t-il ?
  • Pourquoi se griffe-t-il parfois jusqu’à en faire sortir du sang ?
  • Est-il fou ?

La Perception de l’Automutilation dans les Années 1960

Dans les années 1960, l’automutilation était considérée comme un problème scientifique, car on ne comprenait pas bien pourquoi de jeunes enfants agissaient ainsi ni comment les aider. Ce comportement posait de sérieux problèmes : ces enfants étaient souvent exclus de leur groupe d’amis, rencontraient des difficultés scolaires, et demandaient une attention démesurée de la part de leurs parents. Certains médecins pensaient qu’il s’agissait d’un handicap intellectuel, comportement que l’on observe chez les individus atteints de troubles du spectre autistique (TSA).

Origine et Évolution du Terme “Autisme”

Le terme « autisme » vient du grec « autos » (« soi-même ») et fut utilisé pour la première fois en 1911 par le psychiatre suisse Eugen Bleuler. Dans son article intitulé Dementia preacox oder Gruppe der Schizophrenien (« Démence précoce ou le groupe des schizophrènes »), Bleuler employait ce terme pour décrire chez les patients schizophrènes adultes un repli sur soi, réponse à la dissociation de leurs pensées et de leurs affects (Aly, J., 2015).

En 1943, Kanner a repris ce terme d’« autisme » et l’a différencié de la schizophrénie. Il a décrit un groupe d’enfants présentant un trouble affectif de la communication et de la relation, qui n’affectait pas leur intelligence, et a qualifié cela d’”autisme infantile”. Depuis, la définition et la conceptualisation de l’autisme ont considérablement évolué.

En 1944, Hans Asperger qualifie ce trouble de « psychopathie autistique », caractérisé par des bizarreries et des aptitudes intellectuelles pouvant aller de la débilité au génie. Cette définition, peu diffusée à l’époque, sera réactualisée par Lorna Wing, qui fera un compte rendu des travaux réalisés et proposera une définition pour le syndrome d’Asperger.

Le Trouble du Spectre de l’Autisme (TSA)

En 1994, le Manuel Diagnostique et Statistique des Troubles Mentaux (DSM-4) a introduit le terme de troubles envahissants du développement (TED) pour décrire ces conditions (American Psychiatric Association, 1994). Ce terme a été révisé en 2013 dans la 5e édition du manuel (DSM-5), introduisant la notion de trouble du spectre de l’autisme (TSA). Le TSA est défini comme un trouble neurodéveloppemental caractérisé par des déficits dans les interactions sociales, un développement inhabituel de la communication sociale, ainsi que des comportements, intérêts et activités restreints et répétitifs. Ces caractéristiques varient d’un niveau léger à sévère (American Psychiatric Association, 2013).

Le profil clinique des enfants atteints de TSA évolue tout au long de leur développement et selon la présentation des symptômes, ainsi que la manifestation de troubles associés. Cela complexifie le processus d’évaluation diagnostique. Pour émettre un diagnostic en santé mentale, les spécialistes se basent principalement sur le DSM-5, qui a apporté d’importants changements dans la définition et la nomenclature du TSA ([DSM-5]; APA, 2013). (Bolduc, M. & Poirier, N., 2017).

Symptômes et Manifestations Associées au TSA

Le trouble du spectre de l’autisme affecte principalement les relations sociales et la communication chez l’enfant. Il se manifeste également par des comportements inhabituels et le développement d’intérêts restreints ou stéréotypés. La diversité, la fréquence des symptômes, leur degré de sévérité, l’âge de leur apparition et le niveau de fonctionnement varient d’un enfant à l’autre et au cours de son développement (American Psychiatric Association [APA], 2013). Des symptômes tels qu’un retard de développement, des difficultés de sommeil ou d’alimentation, ainsi que des troubles associés comme l’anxiété ou le déficit de l’attention, sont également courants (Close, Lee, Kaufmann et Zimmerman, 2012 ; Joshi et al., 2010).

L’Anxiété chez les Personnes Atteintes de TSA

Les personnes autistes courent un risque accru d’anxiété. Environ 50% des adultes autistes et des enfants souffrent de cette maladie débilitante (Rogé, Bernadette, 2018). Les symptômes d’anxiété nuisent considérablement à la capacité de l’enfant à participer à l’école et à la vie sociale. L’anxiété se caractérise par une émotion désagréable accompagnée de symptômes physiques tels que des sueurs, des tremblements, un cœur qui bat rapidement, ou des difficultés à respirer, ainsi que des pensées anxieuses comme des doutes, obsessions, ou craintes. L’anxiété peut également se manifester comme un trouble anxieux dans le DSM-5.

Conclusion

Il est essentiel de déterminer les diverses stratégies à mettre en place pour aider un enfant comme Eliot à faire face à cette situation, et ainsi améliorer sa qualité de vie.