Le Papa de Simon de Maupassant : résumé, personnages, thèmes et questionnaire corrigé

1 733 mots · ≈6 pages · Collège · Fiche de lecture

Fiche de lecture et questionnaire corrigé — Collège (6e-5e, récits d'enfance et nouvelle réaliste) — environ 1 800 mots.

Découvrir la nouvelle

L'auteur. Guy de Maupassant (1850-1893) est né en Normandie, région qui sert de décor à beaucoup de ses récits. Disciple de Flaubert, il a écrit plus de trois cents nouvelles, souvent courtes, où il observe les gens simples : paysans, ouvriers, petits employés.

La nouvelle. Le Papa de Simon paraît en 1879 dans un journal, avant d'être reprise dans le recueil La Maison Tellier en 1881. C'est l'une de ses toutes premières nouvelles. Elle est plus tendre que beaucoup d'autres textes de l'auteur, mais elle parle déjà de la méchanceté des groupes et du poids du jugement social.

Le sujet. Simon est un petit garçon d'environ sept ou huit ans qui n'a pas de père. À l'école du village, les autres enfants se moquent de lui. Désespéré, il veut mourir, jusqu'à ce qu'un homme bon, un forgeron, entre dans sa vie.

Le cadre. Un village au bord d'une rivière, au XIXe siècle. À cette époque, une femme qui a eu un enfant sans être mariée est rejetée par la communauté, et l'enfant porte la honte de sa mère.

Pourquoi la lire. Parce qu'elle est courte, émouvante et facile à suivre, mais aussi parce qu'elle pose une vraie question : qu'est-ce qu'un père ? Celui qui a donné la vie, ou celui qui protège et qui aime ?

Plan de la fiche

  1. Le résumé en cinq étapes
    • Le premier jour d'école et les moqueries
    • Au bord de la rivière : le désespoir
    • La rencontre avec Philippe
    • « Il n'est pas ton papa »
    • La demande en mariage et la victoire de Simon
  2. Les personnages
  3. Les thèmes
  4. L'écriture de Maupassant
  5. Questionnaire de huit questions avec corrigé

Il reste 1 446 mots (≈5 pages) de ce document

  • Accès illimité à 2 380 travaux
  • 3 €/mois, résiliable en un clic
  • Paiement sécurisé Stripe
Lire la suite — 3 €/mois

1. Le résumé en cinq étapes

Le premier jour d'école et les moqueries

À midi, à la sortie de l'école, les enfants du village s'attroupent autour d'un nouveau venu : Simon, le fils de la Blanchotte. Ils ont entendu leurs parents parler de cette femme à voix basse et savent que le petit garçon n'a pas de papa. Ils l'encerclent et lui répètent cette phrase comme une accusation. Simon, qui ne comprend pas bien ce qu'on lui reproche, répond maladroitement. Les rires redoublent, quelqu'un le frappe, et il finit par se battre avant de s'enfuir, couvert d'insultes.

Au bord de la rivière : le désespoir

Simon court jusqu'à la rivière. Il se souvient d'un homme qu'on a repêché noyé quelques jours plus tôt, parce qu'il n'avait plus d'argent. L'enfant pense qu'il pourrait faire la même chose : puisqu'il n'a pas de père, il veut se noyer. Pourtant, assis dans l'herbe au soleil, il se laisse distraire un moment par une petite grenouille qu'il essaie d'attraper. Puis le chagrin revient, plus fort, et il se met à pleurer et à prier comme sa mère le lui a appris.

La rencontre avec Philippe

Une grosse main se pose sur son épaule. C'est un ouvrier, grand et barbu, qui lui demande pourquoi il pleure. Simon lui explique qu'il n'a pas de papa et qu'on l'a battu. L'homme comprend aussitôt qui il est et le raccompagne chez sa mère.

La maison est petite et très propre. La Blanchotte apparaît : une jeune femme pâle et sérieuse, qui se tient sur la défensive, car elle a l'habitude d'être méprisée par les hommes. L'ouvrier, intimidé, se découvre et devient lui aussi sérieux. Simon, en pleurs, demande alors à cet homme s'il veut être son papa. Personne ne répond tout de suite ; la mère, honteuse, s'appuie au mur. L'homme finit par accepter, en riant à moitié, et dit son nom : il s'appelle Philippe Remy, il est forgeron. Simon est fou de joie.

« Il n'est pas ton papa »

Le lendemain, à l'école, Simon annonce fièrement le nom de son père. Les autres enfants ne rient pas d'abord, puis l'un d'eux réplique que ce n'est pas son vrai papa, puisqu'il n'est pas le mari de sa mère. Simon ne sait que répondre, mais il tient bon.

Dans les semaines qui suivent, Philippe passe souvent devant la maison de la Blanchotte. Il ose parfois lui parler, mais elle reste réservée, car les gens jasent. Simon, de son côté, le voit chaque soir et l'appelle « papa ». À l'école, pourtant, les moqueries reprennent : les camarades lui répètent que s'il avait vraiment un père, celui-ci serait le mari de sa mère.

La demande en mariage et la victoire de Simon

Un jour, à la forge, pendant que les marteaux frappent le fer, la conversation des ouvriers tombe sur la Blanchotte. On reconnaît qu'elle est une honnête fille, travailleuse, qui a été trompée par un séducteur, et qu'elle vaut mieux que bien des femmes dont personne ne médit. Philippe écoute en silence, puis frappe l'enclume avec une force inhabituelle, comme pour prendre une décision.

Le soir, il va frapper chez la Blanchotte. Elle lui explique qu'il ne doit plus venir ainsi, car le village dira du mal d'elle. Philippe répond que les ragots ne comptent pas si elle accepte de devenir sa femme. Elle ne dit rien, mais ne le repousse pas : la demande est acceptée.

Le lendemain, à l'école, Simon se lève devant tous les élèves, pâle et les lèvres tremblantes. Il annonce que son papa s'appelle Philippe Remy, le forgeron, et qu'il a promis de tirer les oreilles à quiconque lui ferait du mal. Cette fois, personne ne rit plus : tout le monde connaît le forgeron, et c'est un père dont n'importe qui serait fier.

2. Les personnages

Simon. Petit garçon sage, propre, un peu timide, il ne comprend pas la cruauté qu'il subit. Il passe du désespoir le plus total (vouloir mourir) à la fierté. C'est lui qui fait le premier pas en demandant à Philippe d'être son père : un geste naïf mais courageux.

La Blanchotte. Mère de Simon, elle a été séduite puis abandonnée. Le village la méprise, mais Maupassant la montre digne, travailleuse et soucieuse de sa réputation. Sa honte devant Philippe montre combien le regard des autres la fait souffrir.

Philippe Remy. Le forgeron est un grand gaillard, fort et bon. Il accepte presque par jeu d'être le papa de Simon, puis s'attache à l'enfant et à la mère. Il prouve par ses actes, en épousant la Blanchotte, qu'un père se reconnaît à ce qu'il fait.

Les écoliers. Ils représentent la méchanceté du groupe. Ils répètent ce qu'ils ont entendu chez eux sans le comprendre. À travers eux, c'est tout le village qui juge.

Les ouvriers de la forge. Leur conversation sert de contrepoint : ce sont des hommes simples qui rendent justice à la Blanchotte.

3. Les thèmes

L'exclusion et la cruauté des enfants. La nouvelle commence comme une scène de harcèlement : un groupe contre un seul, des mots qui blessent plus que les coups. Maupassant montre que les enfants reproduisent les préjugés des adultes.

Le regard de la société. La faute de la Blanchotte, aux yeux du village, retombe sur son fils, qui n'y est pour rien. Le texte dénonce cette injustice.

La paternité. Simon finit par avoir un père qui n'est pas son père biologique. La nouvelle suggère que la paternité est un choix et un engagement, plus qu'une question de sang.

La bonté. Contrairement à d'autres récits de Maupassant, celui-ci finit bien. La bonté d'un homme simple répare l'injustice.

4. L'écriture de Maupassant

Une nouvelle réaliste. Le décor est concret : la rivière, l'herbe, la petite maison, la forge et ses étincelles. Les personnages sont des gens ordinaires.

Une construction en boucle. La nouvelle commence et finit à l'école, devant les mêmes enfants. Mais la situation s'est renversée : Simon, humilié au début, triomphe à la fin.

Le point de vue de l'enfant. Le narrateur nous fait souvent voir les choses à hauteur de Simon, avec ses incompréhensions et ses émotions, ce qui rend le texte touchant.

L'économie de moyens. Quelques scènes suffisent ; beaucoup de choses sont suggérées plutôt que dites, comme le passé de la Blanchotte ou les sentiments de Philippe.

5. Questionnaire de huit questions avec corrigé

1. Pourquoi les enfants se moquent-ils de Simon ? Parce qu'il n'a pas de papa : sa mère, la Blanchotte, a eu cet enfant sans être mariée. Les écoliers répètent ce qu'ils ont entendu chez eux.

2. Que veut faire Simon en arrivant au bord de la rivière ? Pourquoi ? Il veut se noyer, comme un homme qu'on a repêché peu de temps avant. Il pense que, n'ayant pas de père, il n'a pas sa place parmi les autres.

3. Quel petit épisode retarde un moment son projet ? Il s'amuse à poursuivre une grenouille dans l'herbe. Ce passage montre qu'il est encore un enfant, capable d'oublier un instant son chagrin.

4. Qui est l'homme qui le trouve et quel est son métier ? C'est Philippe Remy, un ouvrier forgeron, grand, barbu et bienveillant.

5. Quelle question Simon pose-t-il à Philippe chez sa mère ? Comment réagit la Blanchotte ? Il lui demande s'il veut être son papa. La Blanchotte est honteuse et bouleversée ; elle ne dit rien et s'appuie contre le mur.

6. Pourquoi les écoliers continuent-ils à se moquer après que Simon a annoncé le nom de son « papa » ? Ils disent que Philippe n'est pas son vrai père puisqu'il n'est pas le mari de sa mère. Pour eux, seul le mariage rend un père légitime.

7. Quel est le rôle de la scène à la forge ? Elle montre que des hommes du village rendent justice à la Blanchotte. Elle prépare surtout la décision de Philippe : après avoir écouté ses camarades, il va la demander en mariage.

8. Comment la nouvelle se termine-t-elle et pourquoi peut-on parler de fin heureuse ? Simon annonce à l'école que son papa est Philippe Remy le forgeron et que celui-ci punira quiconque lui fera du mal. Personne ne rit plus. La fin est heureuse parce que Simon a trouvé un père, que sa mère va se marier et que l'enfant n'est plus exclu.

Conclusion

Le Papa de Simon est une nouvelle courte et forte qui montre comment un enfant peut souffrir des préjugés des adultes, et comment un seul geste de bonté peut tout changer. Elle invite à réfléchir au harcèlement scolaire et à ce qui fait une famille. On peut la comparer à une autre nouvelle de Maupassant étudiée au collège, La Parure, dont la fin est au contraire cruelle.

Pour aller plus loin

  • Guy de Maupassant, La Maison Tellier (recueil où figure la nouvelle).
  • Guy de Maupassant, Contes et nouvelles, éditions scolaires.
  • Guy de Maupassant, La Parure.