Les Trois Mousquetaires de Dumas : résumé par grandes étapes et fiche de lecture

2 350 mots · ≈8 pages · Collège · Fiche de lecture

Fiche de lecture — Collège et Lycée (le roman d'aventures, le roman historique) — environ 2 400 mots.

Présentation de l'œuvre

Un feuilleton à succès. Alexandre Dumas publie Les Trois Mousquetaires en 1844, en épisodes dans le journal Le Siècle, avec la collaboration d'Auguste Maquet, qui prépare les canevas et la documentation. Dumas part d'un livre réel, les Mémoires de M. d'Artagnan de Courtilz de Sandras, paru à la fin du XVIIe siècle, et en tire une histoire largement inventée.

Une époque. L'action commence en 1625 et s'achève en 1628, sous Louis XIII. Le vrai maître du royaume est le cardinal de Richelieu, qui surveille la reine Anne d'Autriche, soupçonnée d'aimer le duc de Buckingham, ministre du roi d'Angleterre. Le roman se termine pendant le siège de La Rochelle, ville protestante soutenue par les Anglais.

Une suite. Le livre ouvre un cycle : Vingt ans après puis Le Vicomte de Bragelonne retrouvent les mêmes héros, vieillis.

Le découpage. Le roman compte une soixantaine de chapitres titrés, sans parties officielles. Cette fiche les regroupe en six grandes étapes ; le résumé est condensé et laisse de côté de nombreux épisodes secondaires.

L'angle de cette fiche : un roman de papiers

On retient du livre les duels et les chevauchées. Pourtant, presque chaque aventure commence par un morceau de papier : une lettre de recommandation, un billet d'amour, un laissez-passer, une feuille signée d'avance. Les héros se battent à l'épée, mais ce qu'ils gagnent ou perdent, c'est souvent une écriture. Suivre ces papiers permet de comprendre comment l'intrigue avance, et pourquoi d'Artagnan finit par l'emporter sur le cardinal sans jamais le combattre de face.

Plan de la fiche

Le roman en six étapes

  1. La lettre volée de Meung
  2. Trois rendez-vous et une alliance
  3. Les ferrets : un billet de la reine et un laissez-passer
  4. Milady démasquée par ses propres lettres
  5. Le blanc-seing de l'auberge et le bastion Saint-Gervais
  6. Felton, Béthune, la Lys : la fin des papiers

Pour étudier le roman

  • Les personnages : un quatuor et ses adversaires
  • Les thèmes
  • L'écriture du feuilleton
  • Avis argumenté
  • Questions de compréhension et corrigé

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Le roman en six étapes

1. La lettre volée de Meung

D'Artagnan a dix-huit ans et quitte la Gascogne avec trois choses : un cheval jaune que tout le monde trouve ridicule, quinze écus, et une lettre de son père pour M. de Tréville, capitaine des mousquetaires du roi. Cette lettre est son seul capital : elle doit lui ouvrir une carrière.

À Meung, un gentilhomme au teint pâle se moque de sa monture. D'Artagnan le provoque, se fait assommer par des valets, et découvre en reprenant ses esprits que la lettre a disparu. L'inconnu (on apprendra qu'il s'appelle Rochefort et qu'il sert le cardinal) a entre-temps parlé à une belle voyageuse qu'il appelle Milady. Dès les premières pages, le jeune homme a donc perdu son papier, et gagné deux ennemis.

2. Trois rendez-vous et une alliance

Reçu malgré tout par Tréville, d'Artagnan sort de l'hôtel en courant et heurte successivement trois mousquetaires : il bouscule l'épaule blessée d'Athos, découvre que le baudrier doré de Porthos n'est doré que par-devant, ramasse un mouchoir que la discrétion d'Aramis voulait laisser tomber. Il se retrouve avec trois duels le même jour, au même endroit.

Au moment où le premier va commencer surgissent des gardes du cardinal, venus arrêter les duellistes. D'Artagnan choisit son camp, se bat aux côtés des trois mousquetaires et blesse leur chef. La victoire plaît au roi, qui récompense le Gascon. Il entre d'abord dans une compagnie des gardes, en attendant mieux. L'amitié des quatre est née d'une querelle absurde : c'est l'une des idées les plus gaies du livre.

3. Les ferrets : un billet de la reine et un laissez-passer

D'Artagnan loge chez le mercier Bonacieux, dont la jeune épouse, Constance, est lingère de la reine. Il s'en éprend. Par elle, il apprend le secret d'Anne d'Autriche : elle a donné à Buckingham douze ferrets de diamants, cadeau du roi. Richelieu, informé, fait voler deux ferrets en Angleterre par Milady, puis pousse Louis XIII à demander à la reine de porter le bijou au prochain bal.

D'Artagnan part pour Londres, escorté de ses trois amis, avec une lettre de la reine pour le duc. Les embuscades les arrêtent un à un : Porthos reste à Chantilly après un duel, Aramis à Crèvecœur blessé, Athos à Amiens, accusé d'avoir payé en fausse monnaie. À Calais, le passage du port est contrôlé : d'Artagnan blesse le comte de Wardes et lui prend son laissez-passer. Buckingham fait refaire les deux ferrets manquants dans la nuit ; d'Artagnan revient à temps et la reine paraît au bal avec ses douze diamants. Le piège du cardinal échoue, et la reine glisse au jeune homme une bague en remerciement.

4. Milady démasquée par ses propres lettres

Constance est de nouveau enlevée. D'Artagnan va récupérer ses amis, qui ont chacun trouvé un refuge comique : Porthos se fait soigner à l'auberge en courtisant une femme de procureur, Aramis veut entrer dans les ordres et dispute de théologie, Athos s'est barricadé dans la cave de l'aubergiste d'Amiens et en a vidé une bonne partie. Ivre, Athos raconte l'histoire d'un « ami » qui avait épousé une jeune fille superbe et découvert sur son épaule une fleur de lys, la marque des voleurs : il l'aurait fait pendre.

À Paris, d'Artagnan s'intéresse à Milady, belle-sœur d'un lord anglais, de Winter. Kitty, la suivante de Milady, amoureuse du Gascon, lui montre les lettres que sa maîtresse adresse au comte de Wardes. D'Artagnan intercepte la correspondance, répond à la place du comte et se rend, dans l'obscurité, au rendez-vous fixé. Quand il avoue la supercherie, Milady se jette sur lui ; dans la lutte, son épaule se découvre : la fleur de lys y est gravée. Elle tente de le poignarder, et il s'enfuit déguisé avec les vêtements de Kitty. Athos comprend alors que Milady est sa propre épouse, qu'il croyait morte.

5. Le blanc-seing de l'auberge et le bastion Saint-Gervais

L'armée royale assiège La Rochelle. D'Artagnan échappe à deux tentatives de meurtre commandées par Milady, dont une bouteille de vin empoisonné. Un soir, dans une auberge isolée, les trois mousquetaires escortent sans le savoir le cardinal lui-même et surprennent, par un conduit de poêle, son entretien avec Milady. Il l'envoie à Londres : si Buckingham ne renonce pas à aider La Rochelle, il faudra qu'il disparaisse. En échange, Milady réclame la tête de d'Artagnan et obtient une feuille signée de Richelieu qui couvre d'avance tout ce que fera celui qui la porte, présenté comme agissant par l'ordre du cardinal et pour le bien de l'État.

Athos reste en arrière, entre dans la chambre de Milady, pose un pistolet sur la table et repart avec ce blanc-seing. Le lendemain, pour parler sans être entendus, les quatre amis parient qu'ils déjeuneront une heure dans le bastion Saint-Gervais, sous le feu des Rochelais. Ils tiennent le pari, dressent des cadavres sur le parapet pour faire nombre, et décident d'écrire deux lettres : l'une à lord de Winter pour le prévenir contre Milady, l'autre à la reine.

6. Felton, Béthune, la Lys : la fin des papiers

En Angleterre, Milady est arrêtée à son débarquement par son beau-frère et enfermée sous la garde de Felton, jeune officier puritain. En quelques jours, par des prières, une fausse tentative de suicide et un récit où elle se dit victime de Buckingham, elle retourne complètement son geôlier. Felton la fait évader et poignarde le duc à Portsmouth.

Revenue en France, Milady se réfugie au couvent de Béthune, où la reine a caché Constance. Les deux femmes se lient sans savoir qui est l'autre, jusqu'au moment où Milady comprend. À l'arrivée des mousquetaires, elle empoisonne Constance, qui meurt dans les bras de d'Artagnan. Les quatre amis, lord de Winter et un homme en manteau rouge la rattrapent près d'Armentières. Dans une cabane, la nuit, chacun l'accuse ; l'homme au manteau rouge se révèle le bourreau de Lille, dont elle a perdu le frère. Elle est exécutée au bord de la Lys.

De retour au camp, d'Artagnan est arrêté par Rochefort et conduit devant Richelieu. Il lui tend le blanc-seing. Le cardinal le déchire et rédige à la place un brevet de lieutenant dont le nom est laissé en blanc. D'Artagnan l'offre à chacun de ses amis ; tous refusent, et c'est son nom qui y sera inscrit. Les mousquetaires se séparent : Porthos se marie, Aramis entre en religion, Athos se retire.

Les personnages : un quatuor et ses adversaires

D'Artagnan. Pauvre, vif, susceptible jusqu'au ridicule au début, il apprend vite. Sa qualité principale n'est pas l'épée mais la ruse : c'est lui qui lit les lettres des autres et qui trouve les solutions.

Athos. Le plus âgé, noble de grande famille sous un nom d'emprunt, mélancolique et buveur. Son passé (le mariage avec Milady) fait de lui le personnage tragique du groupe.

Porthos. Colosse vaniteux qui soigne les apparences, le baudrier doré n'en est qu'un exemple. Il apporte le comique et la force.

Aramis. Mousquetaire qui rêve d'être abbé, galant mystérieux lié à une grande dame. Il hésite toujours entre l'Église et l'épée.

Milady de Winter. La véritable adversaire, plus redoutable que le cardinal. Elle manie la séduction comme une arme et retourne presque tous ceux qu'elle approche. Dumas lui donne pourtant, au moment du jugement, une scène de peur qui trouble le lecteur.

Richelieu. Puissant, intelligent, jamais ridicule. Le roman l'oppose aux héros sans le mépriser, et la fin le montre capable d'admirer un adversaire.

Les autres. Constance Bonacieux, la reine, Buckingham, Rochefort, Tréville, et les valets (Planchet, Grimaud, Mousqueton, Bazin) qui doublent chaque maître sur un ton plus terre à terre.

Les thèmes

L'amitié. Le serment « Tous pour un, un pour tous » résume le groupe, mais le roman montre surtout l'amitié en actes : les amis se sacrifient l'un après l'autre sur la route de Londres, et la fin les sépare. Ce qui reste, c'est le souvenir d'une époque partagée.

L'honneur et l'argent. Les héros sont nobles et presque toujours sans le sou. Une partie du livre tourne autour de la question très concrète de leur équipement pour la campagne. L'honneur n'empêche ni les dettes ni les combines, et Dumas s'en amuse.

La grande et la petite histoire. Le siège de La Rochelle et l'assassinat de Buckingham ont réellement eu lieu ; Dumas les relie à des intrigues inventées, si bien que de grands événements semblent dépendre d'un bijou ou d'une lettre.

La justice privée. Le procès de Milady pose une vraie question : quatre hommes ont-ils le droit de juger et d'exécuter une femme, même coupable ? Le roman ne donne pas de réponse simple, et Athos jette au fleuve la bourse destinée au bourreau, comme pour refuser d'avoir payé une mort.

L'écriture du feuilleton

Des chapitres qui finissent en suspens. Publié par épisodes, le roman doit donner envie d'acheter le numéro suivant. Beaucoup de chapitres se ferment sur une menace ou une découverte.

Le dialogue avant tout. Dumas fait avancer l'action par des répliques rapides, souvent drôles. Les descriptions sont courtes ; on voit les lieux à travers ce qu'on y fait.

L'humour. Le cheval jaune, la cave d'Athos, le baudrier de Porthos : le comique empêche le roman de devenir solennel, même dans les passages sombres.

Le lecteur complice. Le narrateur intervient parfois pour commenter, prévenir ou ironiser, comme un conteur qui sait plus que ses personnages.

Avis argumenté

On peut reprocher au livre ses facilités : des hasards commodes, des héros qui tuent sans remords, une Milady qui concentre tout le mal. Le lecteur d'aujourd'hui remarque aussi la manière dont les mousquetaires traitent leurs valets, battus à l'occasion.

Mais le fil des papiers montre que le roman est plus fin qu'il n'en a l'air. Le cardinal gouverne par les écrits, la reine se compromet par un billet, Milady se trahit par ses lettres, et d'Artagnan triomphe grâce à une feuille volée qu'il échange contre une autre. Dans un royaume où la force appartient au pouvoir, ces jeunes gens apprennent que lire, intercepter et garder un document vaut parfois plus qu'un coup d'épée. Le dernier geste du livre, un brevet passé de main en main avant d'être accepté, dit aussi la fidélité du groupe mieux qu'un serment.

Questions de compréhension et corrigé

1. Pourquoi la perte de la lettre de Meung est-elle importante pour la suite ? Elle prive d'Artagnan de sa recommandation et l'oblige à gagner sa place par lui-même. Elle lui donne aussi ses deux ennemis, Rochefort et Milady, aperçus dès le premier chapitre.

2. Comment les quatre héros deviennent-ils amis ? Par trois querelles le même jour, transformées en alliance quand les gardes du cardinal interviennent. D'Artagnan choisit de se battre avec ceux qu'il devait affronter, et ce choix scelle le groupe.

3. Quel est le rôle des ferrets dans l'intrigue ? Ils sont la preuve des sentiments de la reine pour Buckingham. Richelieu veut la confondre en public ; la course jusqu'à Londres et le retour à temps de d'Artagnan déjouent le piège.

4. Comment Athos se procure-t-il le blanc-seing, et à quoi sert-il ? Il menace Milady d'un pistolet dans sa chambre d'auberge et lui prend la feuille signée par Richelieu. À la fin, d'Artagnan la remet au cardinal, qui la remplace par un brevet de lieutenant : le papier destiné à couvrir un crime devient une récompense.

5. Que pensez-vous du jugement de Milady ? Réponse attendue argumentée : on peut y voir une justice rendue aux victimes (Constance, Buckingham, le frère du bourreau), mais aussi une vengeance privée sans tribunal. Le malaise des personnages, et le geste d'Athos jetant la bourse, montrent que Dumas lui-même ne la présente pas comme une victoire.

Conclusion

Les Trois Mousquetaires n'est pas seulement une suite de duels : c'est un roman où l'on se bat pour des écrits, et où le plus malin est celui qui sait les lire et les garder. D'Artagnan, parti de Gascogne sans sa lettre, revient du siège avec un brevet. Pour prolonger, on peut lire Vingt ans après, où les quatre amis, devenus adultes, se retrouvent dans des camps opposés.

Bibliographie

  • Alexandre Dumas, Les Trois Mousquetaires, édition de poche au choix (Folio classique, Livre de Poche).
  • Alexandre Dumas, Vingt ans après.
  • Gatien de Courtilz de Sandras, Mémoires de M. d'Artagnan.
  • Claude Schopp, Alexandre Dumas. Le génie de la vie, Fayard.