Rapport de stage en maternelle petite section (CAP AEPE) : exemple rédigé

2 716 mots · ≈9 pages · CAP · Rapport de stage

Rapport de PFMP — CAP Accompagnant éducatif petite enfance (AEPE), première année — environ 3 200 mots (établissement et personnes fictifs, exemple pédagogique ; les prénoms des enfants sont inventés).

Introduction : un rapport de stage en maternelle, petite section

Ce rapport de stage en maternelle, petite section, rend compte de ma période de formation en milieu professionnel de quatre semaines à l'école maternelle publique des Grillons, une école de cinq classes située dans un quartier pavillonnaire d'une commune de taille moyenne. J'y ai été accueillie dans la classe des tout-petits, ceux qui découvrent l'école pour la première fois, aux côtés de l'enseignante et de l'agente territoriale spécialisée des écoles maternelles (ATSEM) qui travaille avec elle.

Je prépare le CAP Accompagnant éducatif petite enfance. Ma première période de stage s'était déroulée dans un établissement d'accueil du jeune enfant, une crèche collective, où les enfants avaient entre quelques mois et trois ans. Je voulais découvrir l'autre cadre collectif prévu par ma formation, l'école, où l'enfant n'est plus seulement accueilli et soigné mais devient un élève. La petite section me semblait le meilleur endroit pour observer ce passage : en septembre, certains enfants de trois ans n'ont jamais été séparés de leurs parents plus d'une demi-journée.

Ce stage devait me permettre de répondre à une question précise : comment un adulte qui n'enseigne pas contribue-t-il, par les soins, l'organisation et l'attention aux enfants, aux apprentissages d'une classe de petite section ? C'est le fil de ce rapport, qui s'appuie sur les compétences travaillées dans l'épreuve consacrée à l'activité en accueil collectif.

Je présenterai d'abord l'école et la classe, puis les activités que j'ai menées. J'analyserai ensuite une situation de séparation difficile, avant de décrire l'atelier que j'ai préparé et conduit, et de dresser le bilan de cette période.

Sommaire

  1. L'école maternelle des Grillons
    • Statut et fonctionnement
    • Les locaux
    • L'équipe
  2. La classe de petite section
    • Les enfants
    • Une journée type
  3. Mes activités au fil des quatre semaines
    • L'accueil du matin
    • L'hygiène et l'accompagnement aux toilettes
    • Le temps du repas et la sieste
    • L'entretien et la préparation du matériel
    • La participation aux ateliers
  4. Analyse d'une situation : la séparation du matin
  5. Mon atelier : le sac à toucher
  6. Bilan de la période
  7. Conclusion, remerciements et annexes

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1. L'école maternelle des Grillons

Statut et fonctionnement

L'école des Grillons est une école publique. Elle relève de l'Éducation nationale pour l'enseignement : les enseignantes sont recrutées et rémunérées par l'État, et la directrice, qui a aussi une classe en charge, organise la vie pédagogique de l'école. Elle dépend en revanche de la commune pour les bâtiments, le mobilier, le matériel d'entretien, la restauration scolaire et le personnel non enseignant. Les ATSEM sont donc des agentes municipales : elles sont employées par la mairie, mais travaillent pendant le temps scolaire sous l'autorité de la directrice et en lien direct avec l'enseignante de leur classe.

Depuis que l'instruction est obligatoire dès trois ans, la petite section n'est plus une simple étape facultative : tous les enfants de la tranche d'âge y sont inscrits, ce que la directrice m'a présenté comme un changement important pour les familles qui gardaient auparavant leur enfant à la maison jusqu'à quatre ans.

L'école accueille les enfants de 8 h 30 à 16 h 30, avec une pause méridienne. Un accueil périscolaire, organisé par la commune, fonctionne le matin avant la classe et le soir après.

Les locaux

L'école occupe un bâtiment de plain-pied construit autour d'un patio. Chaque classe donne sur un couloir où sont alignés les porte-manteaux, avec la photographie et le prénom de chaque enfant. La classe de petite section dispose d'un accès direct au dortoir, une pièce aux rideaux occultants où sont installés vingt-quatre petits lits superposables, et à des sanitaires adaptés à la taille des enfants : lavabos bas, toilettes sans portes fermant à clé, un plan de change.

L'école possède aussi une salle de motricité équipée de tapis, de modules en mousse et de cerceaux, une bibliothèque, et une cour avec un préau et un bac à sable couvert.

L'équipe

Fonction Nombre Rôle principal
Directrice (avec une classe) 1 Organisation de l'école, lien avec les familles et la mairie
Enseignantes 4 Enseignement dans les autres classes
ATSEM 3 Aide aux enseignantes, soins, hygiène, entretien
Agents de restauration 2 Service des repas à la cantine
Animateurs périscolaires 4 Accueil du matin et du soir, pause méridienne

Dans la classe de petite section, l'enseignante, Mme Royer, travaillait avec une ATSEM présente toute la journée, Mme Tessier, qui a été ma tutrice pendant la période.

2. La classe de petite section

Les enfants

La classe comptait vingt-quatre enfants, presque tous nés la même année civile, qui avaient donc entre trois ans et trois ans et demi au début du stage. Les écarts entre eux étaient frappants. Certains parlaient en phrases complètes et racontaient leur week-end, d'autres s'exprimaient encore par quelques mots. Quelques enfants étaient encore en cours d'acquisition de la propreté, en particulier pendant la sieste. Deux venaient d'arriver en France et découvraient le français à l'école.

Une journée type

Horaire Moment Rôle de l'ATSEM et de la stagiaire
8 h 20 – 8 h 50 Accueil échelonné Aide au déshabillage, accompagnement de la séparation
8 h 50 – 9 h 15 Regroupement, rituels Installation, aide aux enfants agités ou en retrait
9 h 15 – 10 h 10 Ateliers en petits groupes Encadrement d'un atelier, préparation du matériel
10 h 10 – 10 h 40 Toilettes, récréation Passage aux toilettes, lavage des mains, surveillance de cour avec l'équipe
10 h 40 – 11 h 30 Motricité ou chants Installation de la salle, sécurité
11 h 30 – 12 h 30 Repas Accompagnement à la cantine, aide aux enfants
12 h 45 – 15 h 00 Sieste et réveil échelonné Coucher, surveillance, lever, rhabillage
15 h 00 – 16 h 30 Activités calmes, regroupement, sortie Atelier libre, remise aux familles avec l'enseignante

Ce découpage n'est pas figé : l'enseignante l'adapte au rythme des enfants. Les apprentissages s'organisent autour des cinq domaines du programme de l'école maternelle, dont le premier, mobiliser le langage dans toutes ses dimensions, est présent dans presque tous les moments de la journée, y compris les soins.

3. Mes activités au fil des quatre semaines

La première semaine, j'ai surtout observé et appris le fonctionnement de la classe en suivant Mme Tessier. À partir de la deuxième, elle m'a confié progressivement des tâches en autonomie, toujours sous son regard.

L'accueil du matin

Le matin, les parents accompagnent leur enfant jusqu'à la porte de la classe. Mon rôle consistait à aider l'enfant à suspendre son manteau, à ranger son doudou dans la boîte prévue (certains enfants le gardaient jusqu'au regroupement), puis à l'orienter vers une activité calme : puzzles, livres, jeux de construction. J'ai appris à accueillir chaque enfant par son prénom en me mettant à sa hauteur, et à transmettre à l'enseignante les informations données par les familles : une nuit agitée, une prise de médicament à signaler, un changement de personne pour venir le chercher le soir.

L'hygiène et l'accompagnement aux toilettes

Le passage aux toilettes a lieu à heures régulières, mais un enfant peut y aller à tout moment. J'accompagnais les enfants par petits groupes, en les aidant à se déshabiller et à se rhabiller, puis au lavage des mains, que nous faisions en chantant une comptine pour que le savonnage dure assez longtemps. Lors d'un accident de propreté, le change se fait à l'écart du groupe, avec des gestes calmes et des mots qui ne culpabilisent pas l'enfant. Les vêtements de rechange sont rangés dans un sac au prénom de chaque enfant, et les vêtements souillés sont rendus aux parents dans un sac fermé. J'ai appliqué les protocoles d'hygiène vus en formation : port de gants pour le change, désinfection du plan après chaque utilisation, lavage des mains de l'adulte avant et après.

Le temps du repas et la sieste

À la cantine, les enfants de petite section mangent dans un espace séparé, à des tables basses. J'aidais à couper la viande, à ouvrir les yaourts et à encourager les enfants à goûter sans jamais les forcer. Le repas est aussi un moment de langage : nommer les aliments, les couleurs, dire « encore » ou « je n'ai plus faim ».

La sieste suit directement le repas. Chaque enfant a son lit, toujours au même emplacement, avec son doudou. Mme Tessier reste dans le dortoir pendant l'endormissement, puis la surveillance se poursuit. Dans cette école, on ne réveille pas les enfants : ils se lèvent quand ils se réveillent et rejoignent la classe par petits groupes. J'aidais au rhabillage et au recoiffage, et je notais l'heure de réveil sur une feuille que l'enseignante consultait pour adapter l'après-midi.

L'entretien et la préparation du matériel

Une partie importante du travail de l'ATSEM est invisible pour les familles : nettoyer les tables après la peinture, laver les pinceaux, préparer les pots de colle, ranger les bacs de jeux, désinfecter les jouets portés à la bouche. J'ai découvert l'organisation de la journée d'entretien, avec les produits rangés hors de portée, dans un local fermé, et les fiches indiquant le dosage et l'usage de chacun.

La participation aux ateliers

Pendant les ateliers du matin, la classe est divisée en quatre groupes. L'enseignante conduit l'atelier dirigé, celui qui porte l'apprentissage nouveau, tandis que l'ATSEM, et moi à ses côtés, encadrions un atelier dont l'enseignante avait fixé l'objectif : collage de gommettes en suivant une ligne, transvasement de graines, pâte à modeler. J'ai compris que mon rôle n'était pas de faire à la place de l'enfant, mais de reformuler la consigne, d'encourager et de signaler à l'enseignante ce que j'avais observé.

4. Analyse d'une situation : la séparation du matin

La situation

Pendant les deux premières semaines, Lina, trois ans, pleurait chaque matin au moment où sa mère partait. Elle s'accrochait à sa jambe, puis restait près de la porte en appelant sa mère pendant une dizaine de minutes, refusant toute activité. Sa mère, visiblement inquiète, restait parfois longtemps dans l'encadrement de la porte, ce qui prolongeait les pleurs. Le reste du groupe était perturbé : deux autres enfants se mettaient à pleurer à leur tour.

Ce que j'ai observé et ce qui a été fait

Le premier jour, j'ai tenté de distraire Lina avec un jouet, sans succès. Mme Tessier m'a expliqué qu'il ne fallait pas chercher à faire cesser les pleurs à tout prix : l'enfant a le droit d'être triste, et l'adulte doit d'abord reconnaître cette émotion. Elle s'est assise près de Lina, lui a dit qu'elle comprenait qu'elle était triste que maman parte, et qu'elle reviendrait après la sieste.

L'enseignante a ensuite proposé à la mère un rituel court et toujours identique : un câlin, un mot d'au revoir, puis un départ franc, sans revenir. Elle a aussi suggéré que Lina apporte une photographie de sa famille, que nous avons glissée dans une petite pochette accrochée à son porte-manteau. Lina a reçu une responsabilité le matin : arroser la plante de la classe avec moi.

Évolution et analyse

Au bout de cinq jours, les pleurs ont nettement diminué : Lina pleurait encore au départ de sa mère, mais se calmait en quelques minutes et venait d'elle-même chercher l'arrosoir. À la fin de mon stage, elle disait au revoir sans larmes la plupart des matins.

Cette situation m'a fait comprendre plusieurs points étudiés en cours. D'abord, l'importance de la sécurité affective : un enfant ne peut s'intéresser aux activités que s'il se sent en confiance. Ensuite, le rôle des repères, qu'ils soient matériels (la photo, le porte-manteau) ou temporels (savoir que maman revient après la sieste). Enfin, la place des familles : rassurer la mère faisait partie de l'accompagnement de l'enfant. J'ai aussi mesuré mes limites : ma première réaction, détourner l'attention de Lina, cherchait surtout à faire cesser une situation qui me mettait mal à l'aise.

5. Mon atelier : le sac à toucher

Le projet

Avec l'accord de l'enseignante, j'ai préparé et conduit un atelier pendant la troisième et la quatrième semaine, avec des groupes de six enfants. L'objectif principal relevait du domaine du langage : enrichir le vocabulaire des sensations (doux, rugueux, froid, lisse, piquant) et amener l'enfant à décrire un objet sans le voir. Un objectif secondaire était l'écoute des autres et l'attente de son tour.

La préparation

J'ai cousu un sac en tissu épais, fermé par un élastique laissant passer une main. J'y ai placé six objets familiers : une brosse à cheveux, une petite balle en mousse, une cuillère en métal, une éponge, un morceau de fourrure synthétique, une pomme de pin. Avec Mme Tessier, nous avons vérifié qu'aucun objet n'était assez petit pour être avalé, ni coupant, et que la pomme de pin ne perdait pas d'écailles.

Le déroulement

Les enfants s'asseyaient en cercle. Chacun à son tour plongeait la main dans le sac, touchait un objet sans le sortir et disait ce qu'il ressentait. Je l'aidais par des questions : est-ce que c'est doux ? Est-ce que ça pique ? Est-ce que c'est froid ? Puis l'enfant essayait de deviner, avant de sortir l'objet pour vérifier. Les autres enfants étaient invités à dire s'ils étaient d'accord.

Le bilan de l'atelier

L'atelier a beaucoup plu, et certains enfants très silencieux en classe ont pris la parole. Plusieurs difficultés sont apparues. Avec six enfants, l'attente était trop longue : les derniers s'agitaient. Lors de la deuxième séance, j'ai réduit le groupe à quatre et donné à ceux qui attendaient une tâche, tenir le sac ou passer la main sur un objet déjà sorti. Les enfants qui ne parlaient pas encore le français participaient volontiers en mimant, et l'enseignante m'a conseillé de leur montrer l'objet en le nommant clairement, sans exiger qu'ils répètent. Enfin, j'avais prévu des adjectifs trop nombreux : en pratique, trois ou quatre mots par séance suffisaient pour qu'ils soient vraiment retenus.

6. Bilan de la période

Compétences mises en œuvre

Cette période m'a permis de travailler les compétences attendues pour exercer en accueil collectif : assister l'enseignant dans les activités, accompagner l'enfant dans les soins du quotidien, appliquer les règles d'hygiène et de sécurité, entretenir les locaux et le matériel, transmettre des informations à l'équipe. Elle m'a aussi obligée à adapter ma posture : en crèche, j'étais auprès de très jeunes enfants dans une logique de soin ; à l'école, chaque geste participe à des apprentissages définis par l'enseignante.

Difficultés rencontrées

Le bruit et le nombre d'enfants m'ont d'abord fatiguée : vingt-quatre enfants de trois ans demandent une attention de chaque instant. J'ai aussi eu du mal, au début, à trouver ma place entre l'enseignante et l'ATSEM, et à savoir quand intervenir. En demandant chaque soir à ma tutrice ce qu'elle attendait de moi le lendemain, j'ai pu progresser.

Projet professionnel

Ce stage a renforcé mon envie de travailler en école maternelle. Le CAP AEPE permet de se présenter au concours d'ATSEM organisé par les centres de gestion de la fonction publique territoriale, et j'ai l'intention de m'informer sur ses épreuves. J'envisage aussi une poursuite d'études pour devenir auxiliaire de puériculture, afin de garder la possibilité de travailler auprès des plus petits.

Conclusion

Ma question de départ portait sur la contribution d'un adulte non enseignant aux apprentissages d'une petite section. Ces quatre semaines m'ont montré que cette contribution est constante : en accueillant un enfant par son prénom, en accompagnant un passage aux toilettes avec des mots, en préparant un atelier ou en rassurant une famille, l'ATSEM crée les conditions dans lesquelles un enfant de trois ans peut devenir élève. La séparation de Lina m'a appris qu'un geste patient vaut mieux qu'une solution rapide ; mon atelier m'a appris qu'une activité se règle en l'observant. Lors de ma prochaine période, je souhaiterais être confrontée à l'accueil individuel, chez une assistante maternelle, pour comparer ce que devient l'accompagnement quand il n'y a plus de groupe.

Remerciements

Je remercie Mme Tessier, ma tutrice, pour sa patience et pour les explications qu'elle m'a données chaque jour, ainsi que Mme Royer, qui m'a laissée conduire un atelier dans sa classe et m'a aidée à l'améliorer. Merci à la directrice de l'école des Grillons d'avoir accepté ma candidature, à toute l'équipe pour son accueil, et à mon enseignante de formation professionnelle pour sa visite de stage et ses conseils.

Annexes (liste)

  1. Attestation de PFMP signée
  2. Plan de la classe et du dortoir réalisé par mes soins
  3. Emploi du temps de la classe de petite section
  4. Fiche de préparation de l'atelier « sac à toucher »
  5. Grille d'observation de l'atelier (participation et vocabulaire employé, sans nom d'enfant)
  6. Protocole de change et de nettoyage du plan de change affiché dans les sanitaires