Robinson Crusoé de Daniel Defoe : résumé par étapes et fiche de lecture

1 984 mots · ≈7 pages · Collège · Fiche de lecture

Fiche de lecture — Collège (5e-4e, le voyage et l'aventure) — environ 2 000 mots.

Présentation de l'œuvre

Daniel Defoe (vers 1660-1731) est un écrivain anglais qui fut aussi commerçant, pamphlétaire et journaliste. Il publie Robinson Crusoé en 1719, à près de soixante ans. Le livre se présente comme les mémoires véritables d'un marin, écrits par lui-même : à l'époque, beaucoup de lecteurs croient l'histoire vraie. Defoe s'est sans doute inspiré du récit d'Alexander Selkirk, un marin écossais qui avait vécu plusieurs années seul sur une île du Pacifique.

Le succès est immense et durable. Le roman est traduit dans toute l'Europe et donne naissance à un genre entier, les « robinsonnades » : des histoires de naufragés qui reconstruisent une vie loin de la civilisation. En France, on le lit dans plusieurs traductions, complètes ou adaptées pour la jeunesse.

Le sujet. Robinson, jeune Anglais qui rêve de voyages, désobéit à son père et part en mer. Après plusieurs aventures, il fait naufrage et se retrouve seul sur une île inconnue, où il va vivre vingt-huit ans.

Le narrateur. Robinson raconte lui-même son histoire, à la première personne, une fois revenu en Angleterre. Il recopie aussi une partie du journal qu'il a tenu sur l'île.

Remarque sur le découpage. Selon les éditions et les adaptations, les chapitres ne sont pas numérotés de la même façon, et certaines versions pour la jeunesse coupent des passages. Cette fiche suit donc l'histoire en sept grandes étapes, valables pour toutes les éditions.

Plan de la fiche

Le roman en sept étapes

  1. Le jeune homme qui voulait partir
  2. Esclave, puis planteur au Brésil
  3. Le naufrage
  4. S'installer sur l'île
  5. La solitude et la foi
  6. L'empreinte de pas et Vendredi
  7. La délivrance et le retour

Étudier le roman

  • Les personnages
  • Les grands thèmes
  • Comment le roman est écrit
  • Mon avis
  • Questions de compréhension et corrigé

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Le roman en sept étapes

1. Le jeune homme qui voulait partir

Robinson naît à York, en Angleterre, dans une famille aisée. Son père voudrait qu'il étudie le droit et mène une vie tranquille, dans la condition moyenne, ni pauvre ni riche, qu'il présente comme la plus heureuse. Mais Robinson ne pense qu'à la mer. Un jour, sans prévenir ses parents, il embarque à Hull sur un navire en partance pour Londres.

Dès ce premier voyage, une violente tempête manque de couler le bateau. Robinson a peur, promet de rentrer chez lui… puis oublie ses promesses dès que le calme revient. Ce schéma, la faute, le danger, le regret puis l'oubli, se répétera plusieurs fois.

2. Esclave, puis planteur au Brésil

Robinson fait un voyage de commerce réussi vers la côte de l'Afrique, puis repart. Cette fois, son navire est attaqué par des pirates venus de Salé, au Maroc. Il devient l'esclave d'un capitaine et reste captif environ deux ans.

Il profite d'une sortie en mer pour s'enfuir sur une petite embarcation, avec un jeune garçon nommé Xury. Ils longent la côte africaine jusqu'à ce qu'un capitaine portugais les recueille. Ce capitaine, généreux, emmène Robinson au Brésil. Là, Robinson achète une terre et devient planteur de canne à sucre et de tabac. Ses affaires prospèrent.

Mais il n'est jamais satisfait. Des voisins lui proposent une expédition en Afrique pour aller chercher des esclaves, et Robinson accepte. Le roman présente ce commerce sans le condamner, comme beaucoup de livres de l'époque ; le lecteur d'aujourd'hui doit le remarquer.

3. Le naufrage

Pendant cette traversée, une tempête terrible pousse le navire hors de sa route. Le bateau s'échoue sur un banc de sable. L'équipage tente de gagner la terre dans une chaloupe, mais une vague énorme la renverse. Robinson est roulé par les flots, se cogne contre les rochers et parvient enfin à s'agripper à la côte. Il est le seul survivant.

Sa première nuit, il la passe dans un arbre, par peur des bêtes sauvages. Le lendemain, il voit que l'épave du navire est restée coincée non loin du rivage. C'est une chance immense.

4. S'installer sur l'île

Robinson nage jusqu'à l'épave et y fait de nombreux voyages. Il construit des radeaux et rapporte tout ce qu'il peut : des outils, des armes, de la poudre, des provisions, des vêtements, des voiles, des cordages, et même de l'argent, dont il comprend qu'il ne lui servira à rien.

Il choisit ensuite un endroit pour vivre : une petite plaine adossée à un rocher, près d'une source. Il dresse une tente, l'entoure d'une palissade de pieux et y entre par une échelle qu'il remonte derrière lui. Il creuse une grotte dans le rocher pour y ranger ses biens.

Pour ne pas perdre la notion du temps, il plante un grand poteau et y fait une entaille chaque jour. Il commence aussi un journal. Puis il apprend, souvent par essais et erreurs, à tout faire lui-même : chasser les chèvres et en domestiquer quelques-unes, fabriquer une table et une chaise, cuire des poteries, faire du pain. Un jour, il remarque que quelques épis d'orge et de riz ont poussé à l'endroit où il avait secoué un vieux sac de grains : il les récolte et devient agriculteur.

5. La solitude et la foi

Robinson vit des moments difficiles. Un tremblement de terre l'effraie. Puis il tombe gravement malade, avec une forte fièvre. Seul et persuadé qu'il va mourir, il fait un cauchemar terrifiant et pense pour la première fois sérieusement à ses fautes. Il ouvre une Bible récupérée sur le navire et se met à prier. Lorsqu'il guérit, il change de regard sur sa situation : au lieu de se plaindre, il remercie Dieu d'être vivant.

Pendant les années qui suivent, il explore l'île, découvre une région plus fertile où il installe une seconde demeure, apprivoise un perroquet à qui il apprend à parler, vit avec son chien et quelques chats. Il construit une très grande pirogue, mais trop lourde pour être mise à l'eau ; il en fabrique une plus petite, et manque de se perdre en mer, emporté par un courant. Il range sa vie avec méthode, et compare même, dans un tableau, les maux et les biens de sa condition.

6. L'empreinte de pas et Vendredi

Après une quinzaine d'années, Robinson découvre sur le sable l'empreinte d'un pied nu. Il est saisi d'une peur panique. Il renforce ses défenses et vit des mois dans l'angoisse. Plus tard, il découvre sur le rivage des restes humains : des cannibales venus d'autres îles se rendent parfois sur la sienne pour y faire des festins.

Bien des années plus tard, Robinson voit un groupe débarquer avec des prisonniers. L'un d'eux s'échappe et court vers lui, poursuivi par deux hommes. Robinson intervient et le sauve. Le prisonnier se met à genoux et pose le pied de Robinson sur sa tête en signe de soumission. Robinson l'appelle Vendredi, du jour de leur rencontre.

Robinson lui apprend l'anglais, lui fait goûter la viande de chèvre, lui enseigne la religion chrétienne. Vendredi devient un compagnon fidèle et joyeux. Plus tard, ils libèrent ensemble d'autres prisonniers, parmi lesquels un Espagnol et le propre père de Vendredi.

7. La délivrance et le retour

Un navire anglais jette l'ancre près de l'île. L'équipage s'est révolté contre son capitaine et s'apprête à l'abandonner sur le rivage. Robinson et Vendredi aident le capitaine à reprendre son bateau par la ruse. En échange, celui-ci les ramène en Angleterre. Robinson quitte l'île après vingt-huit ans, en laissant sur place quelques mutins.

De retour en Europe, il apprend que sa plantation du Brésil a prospéré et qu'il est désormais riche. Il traverse encore les Pyrénées en plein hiver, où il est attaqué par des loups. Il se marie et a des enfants, mais le goût du voyage ne le quitte pas : à la fin, il retourne voir son île.

Les personnages

Robinson. Le héros et narrateur. Au début, c'est un jeune homme impatient et désobéissant. Sur l'île, il se révèle travailleur, patient, inventif et très organisé. Il change aussi intérieurement : de l'inquiétude, il passe à la confiance et à la prière.

Vendredi. Jeune homme courageux, rapide, reconnaissant et curieux. Il apprend vite et pose à Robinson des questions difficiles sur la religion. Le roman le présente toujours comme un serviteur : il appelle Robinson « maître ». Un lecteur d'aujourd'hui peut critiquer cette relation inégale.

Le père de Robinson. Il représente la sagesse prudente et la vie sans risque. Ses conseils reviennent comme un remords dans l'esprit du héros.

Les personnages secondaires. Le capitaine portugais généreux, le jeune Xury, l'Espagnol, le capitaine anglais : ils montrent que Robinson ne s'en sort jamais tout à fait seul.

Les grands thèmes

La survie et le travail. Le cœur du roman est la façon dont un homme seul recrée une vie. Chaque objet coûte des jours d'efforts. Le livre fait l'éloge du travail patient et de l'intelligence pratique.

La solitude. Robinson souffre de l'absence des autres, mais la solitude devient aussi un temps de réflexion. L'empreinte de pas montre pourtant qu'après tant d'années, l'autre fait peur.

La foi. Pour Defoe, l'île est une épreuve envoyée par Dieu. Robinson comprend sa désobéissance comme une faute et sa survie comme un signe de la Providence.

La civilisation et le sauvage. Robinson transforme l'île à l'image de l'Angleterre : il possède, compte, organise. Avec Vendredi, il se place en maître et en éducateur. Le roman reflète la vision européenne de l'époque coloniale.

Comment le roman est écrit

Un récit à la première personne. Robinson raconte avec beaucoup de précision : on sait ce qu'il fabrique, comment, en combien de temps. Ces détails rendent l'histoire crédible.

Le journal. Une partie du récit reprend le journal quotidien du naufragé, avec des dates. Cela donne l'impression de lire un document authentique.

Les listes et les inventaires. Robinson énumère souvent ce qu'il possède, ce qu'il lui manque, ce qu'il a fabriqué. Ces listes montrent son esprit pratique.

Mon avis

Robinson Crusoé est un roman d'aventure passionnant, surtout dans les étapes de l'installation sur l'île : on a envie de savoir comment le héros va réussir à faire du pain ou une poterie. Le moment de l'empreinte de pas est très fort, car on partage sa peur.

Certains passages religieux sont longs, et la façon dont Robinson traite Vendredi peut choquer aujourd'hui. Mais c'est aussi l'intérêt du livre : il nous fait réfléchir à la manière dont on voyait le monde au XVIIIe siècle. On peut le comparer avec Vendredi ou la vie sauvage de Michel Tournier, qui reprend l'histoire en donnant le beau rôle à Vendredi.

Questions de compréhension et corrigé

1. Pourquoi Robinson part-il en mer malgré l'avis de son père ? Il rêve d'aventure et de voyages et ne veut pas de la vie tranquille que lui propose son père. Il part sans sa permission.

2. Quelle chance a Robinson après le naufrage ? L'épave du navire reste près du rivage. Il peut y récupérer des outils, des armes, des provisions et des matériaux qui lui permettent de survivre.

3. Comment Robinson garde-t-il la notion du temps ? Il fait une entaille chaque jour sur un grand poteau, et il tient un journal tant qu'il a de l'encre.

4. Pourquoi l'empreinte de pas l'effraie-t-elle autant ? Après des années de solitude, elle prouve qu'il n'est pas seul. Il imagine aussitôt des ennemis ou des sauvages dangereux.

5. D'où vient le nom de Vendredi ? Robinson le sauve un vendredi et choisit de l'appeler ainsi en souvenir de ce jour.

Conclusion

Robinson Crusoé raconte comment un homme seul, privé de tout, reconstruit une vie grâce au travail, à l'intelligence et à la foi. C'est un roman d'aventure fondateur, mais aussi un livre qui montre la vision du monde d'un Européen du XVIIIe siècle. Pour prolonger, on lira Vendredi ou la vie sauvage de Michel Tournier, L'Île mystérieuse de Jules Verne ou Le Royaume de Kensuké de Michael Morpurgo, autres histoires d'îles et de naufragés.

Bibliographie

  • Daniel Defoe, Robinson Crusoé (traduction française, édition intégrale ou adaptée pour la jeunesse).
  • Michel Tournier, Vendredi ou la vie sauvage, Gallimard.
  • Jules Verne, L'Île mystérieuse.
  • Michael Morpurgo, Le Royaume de Kensuké, Gallimard Jeunesse.