Verte, Marie Desplechin : résumé par narrateur et fiche de lecture

1 983 mots · ≈7 pages · Collège (6e) · Fiche de lecture

Fiche de lecture d'un roman jeunesse : présentation, structure à plusieurs voix, résumé par partie, personnages, thèmes, écriture et questions corrigées — collège (6e) — environ 2 000 mots.

Présentation de l'œuvre

Dans beaucoup de familles, il y a un métier que l'on se transmet : on est boulanger, médecin ou musicien de père en fils, ou de mère en fille. Et un jour, un enfant dit non. Il veut faire autre chose, ou simplement être comme tout le monde. C'est exactement le problème de Verte : dans sa famille, les femmes sont sorcières depuis toujours, et elle, elle rêve d'une vie normale. Le roman transforme ce conflit très ordinaire entre une mère et sa fille en histoire de magie pleine d'humour.

L'autrice. Marie Desplechin, née en 1959, est une romancière et journaliste française. Elle écrit à la fois pour les adultes et pour la jeunesse. Verte est l'un de ses livres les plus lus au collège ; il a été suivi d'autres récits sur la même famille.

Le livre. Verte paraît en 1996 à l'École des loisirs. C'est un roman court, qui mêle le merveilleux (la sorcellerie) et la vie quotidienne la plus banale : l'école, les copains, le marché, les disputes à la maison.

Une construction originale. Le roman n'a pas un seul narrateur. Il est divisé en parties, et chaque partie est racontée à la première personne par un personnage différent : Ursule, la mère ; Anastabotte, la grand-mère ; Verte elle-même ; et Soufi, son ami. Chaque narrateur reprend l'histoire là où le précédent l'a laissée, mais avec son propre regard. Comme le découpage en chapitres varie selon les éditions, ce résumé suit les quatre voix qui se succèdent.

Le genre. C'est un roman jeunesse de fantasy du quotidien : la magie existe, mais elle se glisse dans un monde qui ressemble au nôtre.

Plan de la fiche

  1. La structure à quatre voix
  2. Résumé par partie
    • la voix d'Ursule : une mère inquiète ;
    • la voix d'Anastabotte : les mercredis chez la grand-mère ;
    • la voix de Verte : le don se réveille ;
    • la voix de Soufi : le regard d'un ami.
  3. Les personnages
  4. Les thèmes : héritage, différence, famille, grandir
  5. L'écriture de Marie Desplechin
  6. Avis argumenté
  7. Questions corrigées

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I. La structure à quatre voix

Le roman ressemble à une course de relais : chaque narrateur prend le témoin à son tour. Ce procédé s'appelle la narration alternée ou polyphonique (du grec « plusieurs voix »).

Partie Narrateur Ce qu'il apporte
1 Ursule, la mère le point de vue d'une adulte inquiète pour sa fille
2 Anastabotte, la grand-mère le regard d'une sorcière expérimentée et pleine d'humour
3 Verte, l'héroïne les sentiments de l'enfant de l'intérieur
4 Soufi, l'ami un regard extérieur, celui d'un garçon qui ne fait pas partie de la famille

Ce choix a un grand intérêt : le lecteur découvre que chacun voit la même histoire autrement. Ursule croit que sa fille la déteste ; Verte pense que sa mère ne la comprend pas ; la grand-mère, elle, voit plus loin que les deux. Personne n'a tout à fait raison ni tout à fait tort.

II. Résumé par partie

1. La voix d'Ursule : une mère inquiète

Ursule est sorcière, comme sa mère et toutes les femmes de la famille avant elle. Elle élève seule sa fille, Verte, qui va bientôt avoir douze ans. Elle s'inquiète beaucoup : à cet âge, une jeune sorcière devrait montrer ses premiers dons, et Verte ne montre rien du tout. Pire, elle semble ne s'intéresser qu'aux choses ordinaires. Elle veut être comme les autres filles, porter des vêtements normaux, avoir une vie tranquille, et peut-être même se marier avec un homme gentil et banal.

Les relations entre la mère et la fille sont tendues. Ursule a mauvais caractère, elle se fâche vite, elle aime les choses étranges. Verte, de son côté, a honte de sa mère et refuse ses conseils. Ursule finit par avoir une idée : puisque sa fille ne l'écoute pas, elle va la confier à sa propre mère, Anastabotte. Verte passera désormais ses mercredis chez sa grand-mère pour apprendre la sorcellerie.

On apprend aussi, dans cette partie, qu'Ursule garde le silence sur le père de Verte. La fillette ne l'a pas connu, et sa mère n'aime pas en parler. Cette absence va prendre de plus en plus d'importance dans le roman.

2. La voix d'Anastabotte : les mercredis chez la grand-mère

La grand-mère prend la parole. Elle s'appelle Anastasie, mais tout le monde la surnomme Anastabotte. C'est une sorcière âgée, pleine de malice et de bon sens, qui a l'habitude de la vie et des enfants. Elle porte un regard plus indulgent qu'Ursule sur sa petite-fille. Elle comprend que Verte n'est pas sans talent : elle a simplement besoin qu'on la laisse découvrir les choses à son rythme, sans pression.

Les mercredis deviennent des moments de complicité. Anastabotte n'enseigne pas la magie comme une leçon à apprendre par cœur ; elle montre à Verte comment observer, cuisiner, soigner les plantes, écouter. Peu à peu, la fillette se détend et prend plaisir à ces journées. La grand-mère sert de pont entre la mère et la fille : elle connaît le caractère difficile d'Ursule, qui est sa propre fille, et elle sait aussi ce que vit une enfant de cet âge.

3. La voix de Verte : le don se réveille

Verte raconte enfin son histoire elle-même. Elle exprime ce qu'elle ressent : l'agacement face à sa mère, la gêne d'être différente, l'envie d'être aimée telle qu'elle est. Elle parle de l'école et surtout de Soufi, un garçon de sa classe avec qui elle s'entend bien et qui devient son ami.

Dans cette partie, Verte découvre qu'elle a bien des pouvoirs, contrairement à ce qu'elle croyait et à ce que craignait sa mère. Elle les découvre d'une manière qui lui ressemble : pas pour faire peur ou pour dominer, mais à l'occasion d'événements de sa propre vie. Elle comprend que la sorcellerie n'est pas forcément ce qu'elle imaginait. La question de son père revient, et Verte a de plus en plus envie de savoir qui il est.

4. La voix de Soufi : le regard d'un ami

La dernière partie est racontée par Soufi. Il n'est pas sorcier, et c'est justement ce qui rend son point de vue intéressant : il observe la famille de Verte de l'extérieur, avec étonnement, parfois avec amusement. Il est fidèle, curieux, prêt à aider son amie. Grâce à lui, le lecteur voit Verte autrement : ce n'est plus une fillette qui se plaint, mais une amie courageuse et attachante.

Soufi participe à la fin de l'histoire, dans laquelle les liens de la famille se resserrent et où le passé d'Ursule, longtemps caché, est en partie éclairé. Le roman se termine sur une note apaisée : Verte a trouvé sa place, entre son héritage de sorcière et son désir d'être une fille comme les autres.

Remarque : les éditions ne découpent pas toutes le texte de la même façon ; certains passages peuvent être répartis différemment entre les chapitres. Pour réviser, repérez dans votre édition le nom du narrateur en tête de chaque partie : c'est le repère le plus sûr.

III. Les personnages

Verte. Héroïne de onze ans, presque douze. Elle est têtue, sensible, un peu timide, et souvent en colère contre sa mère. Son prénom est déjà un signe : on ne s'appelle pas Verte par hasard dans une famille de sorcières. Toute l'histoire la montre en train de grandir et de s'accepter.

Ursule. La mère. Sorcière au fort caractère, elle peut paraître dure et égoïste, mais elle aime profondément sa fille et s'inquiète pour elle. Elle cache une blessure liée à son passé et au père de Verte.

Anastabotte. La grand-mère. Drôle, sage, patiente, elle comprend tout le monde. Elle est le personnage qui réconcilie et qui transmet.

Soufi. L'ami de Verte. Garçon ordinaire, sans pouvoir magique, il apporte un regard neuf et bienveillant. Il montre que l'on peut être différent et se comprendre quand même.

Le père de Verte. Personnage longtemps absent, dont on parle peu au début. Son mystère est l'un des fils qui tiennent le lecteur en haleine.

IV. Les thèmes

L'héritage familial

Faut-il devenir ce que sont nos parents ? Verte refuse d'abord l'héritage de sorcière, puis découvre qu'elle peut le vivre à sa façon. Le roman montre qu'on peut recevoir quelque chose de sa famille sans être obligé de tout copier.

La différence et le besoin d'être normal

Verte voudrait être comme tout le monde. C'est un sentiment que connaissent beaucoup d'enfants qui ont une famille un peu originale. Le livre invite à accepter ce qui nous rend différents.

La relation mère-fille

Les disputes entre Ursule et Verte sont drôles mais aussi réalistes. Elles montrent comment deux personnes qui s'aiment peuvent se blesser faute de se comprendre.

Le rôle des grands-parents

Anastabotte joue le rôle de médiatrice. Elle montre qu'un regard plus distant, plus patient, peut aider à résoudre un conflit familial.

Grandir

Le roman raconte un passage : celui de l'enfance à l'adolescence. Le réveil du don de Verte est aussi une image de ce moment où l'on découvre qui l'on est.

V. L'écriture de Marie Desplechin

La narration à la première personne. Chaque narrateur dit « je ». Le lecteur entre dans la tête de chacun et partage ses émotions, ses doutes et ses jugements.

Des voix bien distinctes. Chaque personnage a sa manière de parler : Ursule est vive et râleuse, Anastabotte est ironique et chaleureuse, Verte est franche et parfois boudeuse, Soufi est naturel et curieux. Pour s'en rendre compte, il suffit de relire le début de chaque partie : on reconnaît le narrateur à son ton.

L'humour. Le roman est souvent drôle. L'humour vient du décalage entre la sorcellerie et la vie de tous les jours : une sorcière qui fait ses courses, qui se fâche pour des questions d'éducation, qui s'inquiète des notes de sa fille.

Le merveilleux au quotidien. La magie n'est pas présentée comme un monde à part, avec des châteaux et des baguettes. Elle se mêle à une ville, à une école, à une cuisine. Cela rend l'histoire proche du lecteur.

VI. Avis argumenté

Verte plaît parce qu'il parle d'un problème que tout le monde comprend : la difficulté de s'entendre avec ses parents et de trouver sa propre voie. La magie rend ce problème plus amusant, mais elle ne le fait pas disparaître.

La construction à plusieurs voix est la grande réussite du livre. Elle oblige le lecteur à changer de point de vue et à comprendre que chacun a ses raisons. On pourrait regretter que certains épisodes aillent un peu vite, mais la brièveté du roman le rend très agréable à lire en 6e.

VII. Questions corrigées

1. Combien de narrateurs le roman compte-t-il ? Lesquels ? Quatre : Ursule, la mère ; Anastabotte, la grand-mère ; Verte ; et Soufi, son ami. Chacun raconte une partie de l'histoire à la première personne.

2. Pourquoi Ursule est-elle inquiète au début du roman ? Parce que Verte approche de ses douze ans sans montrer aucun don de sorcière, et qu'elle semble ne s'intéresser qu'aux choses ordinaires. Ursule a peur que sa fille ne devienne jamais sorcière.

3. Quelle solution Ursule trouve-t-elle ? Elle confie Verte à sa grand-mère, Anastabotte, chez qui la fillette passe ses mercredis pour apprendre la sorcellerie.

4. Quel est l'intérêt du point de vue de Soufi ? Il n'appartient pas à la famille et n'a pas de pouvoirs. Il voit donc les sorcières de l'extérieur et permet au lecteur de découvrir Verte avec un regard neuf.

5. Quel est le message principal du roman ? On peut recevoir un héritage familial sans renoncer à être soi-même. Verte finit par accepter ses dons, mais elle les vit à sa manière.

Conclusion

Verte raconte avec humour une histoire de famille et d'apprentissage. Grâce à ses quatre narrateurs, le roman montre qu'une même histoire peut être vue de plusieurs façons. Pour prolonger la lecture, on peut lire les autres livres de Marie Desplechin consacrés à cette famille de sorcières, ou comparer Verte avec d'autres héroïnes de romans de magie.

Bibliographie

  • Marie Desplechin, Verte, L'École des loisirs.
  • Roald Dahl, Sacrées Sorcières, autre roman jeunesse sur les sorcières.